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Carnet de bord : travail sur le volet Récit & théâtre d’archives pour l’Homme Nouveau

Bon, d’accord, on avait dit que c’étaient les vacances et qu’on arrêtait de travailler. Bon, en fait, il y avait encore quelques trucs à faire ci et là.

Sur le volet “récit et théâtre d’archives” de l’Homme Nouveau, vous découvrirez en lecture et en images la vie entière d’Ernesto Guevara, répartie en cinq carnets de voyages qu’il a lui même rédigé.

Cette semaine donc, c’était séance découpage et installation des images d’archives sur les cinq caisses qui représentent les cinq carnets. Découpe et détourage des images à la scie à chantourner, bidouilles avec aimants ou avec principe de chevilles, répétitions dans l’espace…
Plusieurs interrogations ont croisé ma route : les images sont-elles assez grandes pour être bien visibles ? La manipulation des images sera-t-elle assez fluide ? Et puis, quand je me suis replongée dans le texte (montage des écrits d’Ernesto), je me suis rendu compte qu’il restait encore beaucoup de passages que l’on pouvait ôter. Il faut aller à l’essentiel et ne pas s’apesantir sur des anecdotes qui nous plaisent à nous, mais qui diluent le propos pour le spectateur.
Bref, cette semaine de travail sur ce volet m’a permis de me préparer avant la première qui sera le 3 novembre. C’est loin, oui, vous avez raison, mais il va y avoir une grosse pause entre les deux donc l’idée est d’ANTICIPER !

Travail sur le spectacle l'Homme Nouveau

La découpe continue pour le volet "Ernesto Guevara : la naissance d'un Homme" 🇨🇺️Détourage plus rapide que sur #photoshop !#lhommenouveau #detourage #theatredarchives #che #ernestoguevara #cheguevara

Publiée par Jeux de Vilains sur Vendredi 27 juillet 2018

Et puis il y avait aussi un peu de travail sur le volet “théâtre et marionnette”. Après la semaine de résidence de début juillet (cf. autre article du blog), il y avait un travail sur le son à faire. Pour le moment, nous avions répété en envoyant les musiques et bruits en direct en suivant le rythme des comédiens. Lors des représentations, ce ne sera plus possible. Il fallait donc fixer des pistes son que les comédiens, cette fois-ci, suivront eux. C’est un travail pas évident car il faut quand même se caler sur un timing proche de celui des répétitions précédentes. Et puis, ajoutons à cela que ce n’est pas mon métier principal et que je n’ai pas des connaissances techniques fabuleuses… Mais bon, j’espère que cela fera l’affaire !
En tous cas, après un petit temps de quelques jours devant l’ordinateur, voilà 9 pistes son toutes fraîches pour la reprise des répétitions en octobre !

Avant les premières représentations, il reste des broutilles à gérer : emmener notre marionnette chez le coiffeur (depuis le temps qu’il réclame !!), achat de costumes noirs pour les manipulateurs qui ne doivent pas être vus, achat des costumes définitifs de Fidel et Ernesto… et éventuellement leur donner un aspect vieilli si jamais on les achète neufs. On nous a donné une astuce pour ça : mettre les vêtements dans une bétonnière remplie de cailloux et la faire tourner une vingtaine de minutes !! Vous avez d’autres idées vous ? 🙂

Carnet de bord : le Mahâbhârata au festival RéciDives.

Dernière date du Mahâbhârata, dernière date de la saison, avant un break de 3 mois !

RéciDives, festival de théâtre de marionnettes et de formes animées, nous a reçu en soirée d’inauguration, sous les magnifiques Halles médiévales de la ville de Dives-sur-Mer. Trop classe !

 

Un petit résumé pour bien comprendre à quel point c’était bien :
– installation la veille

– ateliers avec des binômes parents/enfants ultra motivés
– endroit magique pour jouer
– équipe technique au top
– cantine du festival délicieuse
– un public tout proche de nous, dans un esprit intimiste et pourtant magistral (si si, c’est possible !)
– et puis d’autres spectacles super que l’on a vu parce qu’on a traîné pendant 3 jours après…
– la mer pas loin, c’est pas mal aussi
– le beau temps
– les sourires
– l’ambiance de vacances qui rôde…

Quelques photos des répétitions prises par Claude Boisnard

 

Ce fut une belle et émouvante dernière du Mahâbhârata pour 2018. Les prochaines représentations sont en train de se caler sur le printemps 2019, surveillez notre agenda !

D’ici là, bonnes vacances à tous !

Carnet de bord : Une semaine de résidence pour l’Homme Nouveau

Il y a deux semaines, on s’est replongés dans le volet #2 de notre projet l’Homme Nouveau. C’est le volet théâtre et marionnette : La naissance d’un mythe // le Che. Avant dernière résidence de travail avant la création début novembre ! Youhouuu ! Novembre, ça paraît loin, mais ça ne l’est pas tant. Surtout qu’il ne nous restera qu’un dernier temps de travail fin octobre, et rien d’ici là.

Sur cette semaine intense, on a travaillé surtout la manipulation de la marionnette grâce à la présence de Pascale. En plus d’avoir coaché la construction de la marionnette l’an passé, je lui ai demandé de me seconder sur scène pour pouvoir garder une place extérieure pendant la période de mise en scène (bon, aussi parce que enceinte comme je suis, il m’est impossible de soulever la marionnette !). 3 jours au Puits Manu à Beaugency (merci à la ville !). Il fait chaud. C’est juillet. On le sent bien. Quentin, comédien interprétant Ernesto, n’a jamais touché à une marionnette. Session formation intense pour lui, avec la chaleur en plus ! Il doit apprendre comment se positionner physiquement, mais surtout mentalement, par rapport à la marionnette. Belle progression de sa part en seulement quelques jours ! Chapeau ! Avec de la sueur… À la fin des trois jours, on a mis en place la dernière partie du spectacle. Pfiooo… c’était un gros morceau technique, on est bien content d’avoir accompli une tâche importante.

Puis 3 jours à la Fabrique à Meung sur Loire (merci à la cie Effigie(s) Théâtre et à la ville !). Il fait moins chaud. C’est toujours juillet. Mais surtout il y a la clim, et ça change tout !! On rembobine le spectacle et on travaille maintenant sur les parties 2 et 1, celles du milieu et du début du spectacle, Là aussi, on arrive à quelque chose qui nous plaît bien. Le tout, c’est de trouver une cohérence d’ensemble, d’avoir un propos qui est clair tout en n’étant pas trop simpliste, de trouver une forme à la fois morcelée et à la fois fluide… On cogite, on discute, on sue (enfin surtout ceux qui sont sur scène, moi ça va je regarde !). Depuis le début de ce projet, on a envie de dire plein de choses, trop de choses, et on veut tout mettre dans le spectacle. Comment Fidel et Ernesto ont construit le mythe du Che ? Qui s’en est emparé ? Comment les relations internationales ont joué ? Quelle place au marketing ? Quel rapport à la manipulation des masses ? Comment les égos se gonflent ? Quel parcours mène à devenir un mythe international ?…. La grosse difficulté, c’est de faire le deuil de la plupart de ces réflexions, et de se recentrer sur la question principale que l’on a choisi de creuser : comment deux hommes construisent une troisième entité qui au bout du compte finit par les dépasser ?

Dimanche, on a fait un premier filage de l’ensemble du spectacle devant les associés de la SCIC Jeux de Vilains. Leurs retours sont essentiels. Leur regards neufs vont nous permettre de réajuster quelques points avant notre dernière session de travail fin octobre. Merci à eux de participer de l’intérieur à l’élaboration de nos spectacles ! Rendez-vous le 3 novembre à Meung sur Loire, pour la première représentation de ce projet. On jouera en ouverture du très chouette festival “Petites formes mouvantes et émouvantes” organisé par Effigie(s) Théâtre. Ah, et pis notez aussi qu’on clôturera ce festival avec une représentation du Grand Méchant Renard le 18 novembre, un tout autre style… ! Héhé…

Une petite vidéo de la résidence :

L'Homme Nouveau – Extraits de répétitions

QUI MANIPULE QUI ? 🇨🇺 [L'Homme Nouveau]Extraits de répétitions du volet "Le Che : la naissance d'un Mythe"Merci au Puits Manu à Beaugency & à la compagnie Effigie(s) Théâtre pour l'accueil !#che #lhommenouveau #cheguevara #répétitions #comingsoon #muypronto #marionnette #hastasiempre

Publiée par Jeux de Vilains sur Lundi 30 juillet 2018

Carnet de bord : Une tournée à Montréal

Me voilà de retour au Québec un an après mon séjour pour la fabrication des marionnettes avec Isabelle au mois de mai 2017. On avait alors passé 15 jours à dessiner, couper, sculpter, lisser de la mousse avec des ciseaux, des cutters, et beaucoup de patience. En novembre 2017, c’était au tour d’Isabelle de traverser l’Atlantique et nous avons alors passé 10 jours à répéter le spectacle qui a vu le jour le 24 novembre au festival BD BOUM à Blois. Depuis, ce n’est pas moins de 30 représentations qui ont déjà eu lieu en France… et me voici de retour à Montréal pour y jouer 17 représentations au sein du festival “Petits Bonheurs / le rendez-vous culturel des tout-petits”.

Ah, la Belle Province…. ! Quel plaisir de la retrouver régulièrement ! Quelle chance de venir représenter notre Grand Méchant Renard ici !

Je suis arrivée un dimanche, sous la pluie, en étant partie de Paris 7h plus tôt, sous la pluie.

Au mois de mai, c’en est enfin fini de la neige. Tous les Québecois sont heureux de retrouver la terre ferme et ont hâte de l’été qui arrive. Moi, je n’aurais pas été contre voir encore un peu de blanc ci et là, et les poussins non plus d’ailleurs… Après un voyage en soute (sauf pour le Renard qui a eu le privilège d’être avec moi en cabine), tout notre petit monde est arrivé en bon état.

Le mardi, première représentation à Blainville, à 50 km de Montréal. Valise dans le coffre, je roule à travers les nombreuses autoroutes du pays et hop, me voilà à destination. Jolie première représentation devant une bonne jauge de 150 personnes. Les enfants, et adultes, sont ravis. Je reprends la voiture sous un soleil splendide qui a fait reculer la pluie.

Après deux jours de repos (beau début d’une tournée !), j’enchaîne ensuite 9 représentations à l’Assomption, Sherbrooke, Théâtre Outremont dans Montréal…

À l’Assomption, une belle surprise croise ma route par le hasard : le conteur Fred Pellerin joue le même jour que moi, programmé par le même théâtre que moi. Une invitation m’est offerte et hop, juste après ma représentation de 19h, je ne démonte même pas mon spectacle et je file voir Fred à 20h. Ce conteur est tellement un emblème du Québec ! Drôle à en pleurer, touchant à en pleurer… il raconte son village, et transmet l’esprit québécois. En papotant un peu avec lui après, on a évoqué sérieusement l’idée qu’il vienne à Lailly un de ces jours pour jouer, au Café 2 peut-être ? à la Lisotte ? On verra…

Arrive ensuite une autre journée de repos, après laquelle je repars pour une dernière ligne droite de huit représentations dans les arrondissements d’Hochelaga-Maisonneuve et de Saint-Laurent, à la Tohu, et dans la très récente ville de Laval.

Je parcours les routes avec ma voiture, je rencontre les gens, je prends le pouls de cette province que j’aime tant. Au cours des discussions, je prends conscience à quel point les réseaux artistiques français et québécois n’en sont pas au même point. Deux “tables rondes” proposées lors du festival me font entendre le fonctionnement ici, et me nourrissent considérablement dans ma réflexion et ma comparaison avec la France. Vraiment intéressant.

Et puis, pour parler d’autre chose que de la profession, ce que j’aime chez les québécois, c’est tout un tas de règles de vie qui influent sur leur mentalité, et qui nous décalent de la nôtre, nous autres français de France.

Voici deux exemples parmi tant d’autres :

– Quand vous conduisez, vous arrivez à un carrefour où il y a quatre stop (enfin, “arrêt”… ici, ils n’utilisent pas le mot anglophone). C’est à celui qui est arrivé le premier de passer en premier. Cela oblige à être attentionné envers l’autre. C’est tout bête, mais une règle mouvante comme celle-là est plus agréable qu’une bête règle de priorité à droite figée. Elle incite à l’altruisme, et à prendre ses responsabilités, plutôt qu’à obéir bêtement.

– Quand on passe à une caisse de magasin, on est surpris par un “Bonjour ça va bien ?” de l’employé(e). Parfois même, un “tu vas bien ?”….. Tout français qu’on est, on pense alors que l’employé pense nous connaître et fait erreur, mais non. C’est simplement qu’ici, on se salue par cette formule plus personnelle qu’un simple “bonjour”. Et évidemment, cela va inciter à échanger, discuter… plutôt qu’à être renfermé sur soi-même par une formule laconique.

Pour finir, après deux dernières représentations à Laval, Isabelle et David me raccompagnent à l’aéroport. Cette fois-ci, ce sont les poussins qui voyagent en cabine avec moi ! Le Renard accepte d’aller en soute, à condition que les petits ne mangent pas de poulet au repas qui sera servi. Promis. Et effectivement, à la question “pâtes ou poulet”, j’ai bien répondu “pâtes” ! 🙂

Bilan :
– 13 jours de présence
– 17 représentations en 10 jours effectifs
– 1500 spectateurs, quasi autant de sourires
– 5500 km en avion
– 800 km en voiture
– 4 égarements dans la ville de Montréal à cause des travaux
– 6 poutines avalées (oups… mais le loup y est pour quelque chose !)
– 4 journées de pluie
– 9 de soleil

Bon, pour résumer, ça a été assez formidable je dois dire ! Merci à toutes les équipes qui m’ont accueillie sur place, avec toujours le sourire et la bonne humeur. Le public a été au top aussi, avec des retours d’enfants et de parents (ou grands-parents !) aux anges. Ça fait plaisir de faire plaisir !

Et si vous êtes de la belle province et que vous avez loupé le Grand Méchant Renard cette année, vous aurez peut-être une session de rattrapage pour le voir à nouveau sur le sol québécois d’ici 2 ans comme mon petit doigt me le laisse présager…

To be continued…